De toutes les luttes que l'on peut mener, il y en a que je considère comme étant noble et dont l'engagement n'a d'égal que la fougue de la jeunesse. La découverte
de l'injustice et cette aptitude à s'insurger face à elle, les revendications des premières manifestations, l'abnégation dont on fait preuve a être radical et inflexible... soit l'âge béni où
on a tous l'âme d'un résistant.Sincère et intense voilà ce qui fait la noblesse de ces causes, l'envie profonde de changer ce monde peu importe la volonté de le marquer, juste l'obstination
dans l'entreprise qu'on a de l'améliorer. C'est un moment ou il n'y a pas de liste de priorités, ces combats sont les seules priorités dans lesquelles il est précisément crucial d'être engagé.
Je ne connais de volonté plus rigide que la force de conviction de nos 15 ans... jamais, je n'ai connu d'avocats plus grand que mes délégués de classe, se dressant par paire face au nombre
supérieur d'incendiaires professeurs, ces adultes aux prétentions pas toujours bienveillantes supposés être nos premiers accompagnateurs.Dieu ne donne jamais tout, il nous dote de ce sens de la
rébellion qu'a l'âge où la force ne nous est pas encore acquise... A 15 ans, avec cette détermination, que serait le monde si nous avions en plus déjà la force de nos 30 ans ?Un sens aigu
de la justice mais aucun de la raison ni de la juste mesure, l'ambition non pas de trouver un consensus mais de tout écraser pour mettre un place son système alternatif, sans même se rendre
compte de son propre rôle de dictateur. L'énergie de notre adolescence est un bucher ardent qui n'épargne personne et qui calcine l'image d'enfant qu'auront toujours nos parents, cette image
est un phénix nourrît par ces flammes et indiquant que notre vision du monde est puérile et simplement utopique, nos 15 ans sont si empreintes d'innocence... J'aime celui que j'étais